France CURLING

retour accueil

Au-delà du sport : Les joueurs de curling se confient sur la santé mentale, l'équilibre et le soutien

Bret Galant

Octobre marque le Mois de la sensibilisation à la santé mentale, une initiative mondiale axée sur l'empathie, la compréhension et l'action collective.

Derrière la pression des compétitions, les longues saisons et les attentes nationales se cachent des histoires de résilience, de solidarité et de courage de la part des joueurs de curling.

Trouver de la force grâce à la communication

Pour le Canadien Brett Gallant, consulter un psychologue du sport est devenu essentiel à son bien-être mental.

« Quand on participe constamment à ce genre d'événements à haute pression, c'est bien d'avoir des conseils pour la gérer », a-t-il déclaré. « C'est aussi important de pouvoir compter sur quelqu'un en cas de besoin. »

Gallant attribue son équilibre à sa femme, Jocelyn Peterman, elle aussi joueuse de curling. « Elle comprend les pressions et les émotions liées au sport. C’est précieux d’avoir des personnes sur qui compter, à qui parler, c’est important. »

À propos de son équipe, il ajoute : « Nous sommes tous confrontés au stress et à l’anxiété, et nous apprenons à mieux les gérer. Ce n’est pas grave de ne pas toujours aller bien. »

Retrouver l’équilibre au-delà du sport

Après les Jeux olympiques d’hiver de Pékin 2022, la Canadienne Rachel Homan a traversé l’une des périodes les plus difficiles de sa carrière, manquant de peu une médaille lors d’une défaite en double mixte.

Rachel Homan pendant les JO de 2022

Évoquant les mesures sanitaires strictes mises en place pendant l'événement, Homan a déclaré : « L'isolement prolongé a été éprouvant. Je venais d'accoucher, j'ai raté des moments importants comme les premiers pas de mes filles, et après avoir tout donné, on a l'impression de ne pas être à la hauteur.»

Homan explique que cette expérience lui a appris l'importance cruciale d'un solide réseau de soutien et que s'investir en dehors du sport est essentiel. « Il est important d'avoir des personnes sur qui compter pour partager les joies et les peines. La vie ne se résume pas au sport. Il y a bien plus que le sport, et se souvenir de ces autres aspects passionnants peut faire toute la différence.»

Un solide réseau de soutien

Pour Matt Hamilton, des États-Unis, la santé mentale est un travail d'équipe.

« Avoir un groupe de soutien, que ce soit des coéquipiers, de la famille ou des amis, c'est fondamental », a-t-il affirmé. « Même s'ils n'ont pas la solution, le simple fait d'en parler peut vraiment soulager. »

Hamilton affirme que la cohésion de son équipe les a aidés à surmonter les épreuves, notamment la déception de ne pas avoir remporté la médaille de bronze aux Jeux olympiques de Pékin 2022.

« Une équipe mentalement fragile aurait du mal à se relever après une défaite, mais nous avons appris à nous soutenir mutuellement. On ne sait jamais comment on réagira avant d'y être confronté, mais nous avons développé cette résilience ensemble. »

La pleine conscience au quotidien

La Coréenne Gim Eunji trouve la sérénité dans de petites routines rassurantes.

« Je fais de la pâtisserie pour décompresser », a-t-elle déclaré. « Pendant mes jours de congé, je vais au café de ma sœur, je fais des gâteaux et je mange. Quand je cours, je peux me concentrer et me vider la tête. »

Pour elle, le bien-être mental passe par la pleine conscience au quotidien. « Ces petits moments me permettent de me ressourcer », a-t-elle ajouté.

Trouver un sens à sa vie et une nouvelle perspective

Tara Peterson, deuxième de l'équipe américaine et dentiste de profession, comprend la difficulté des périodes post-compétition.

« Les athlètes traversent des moments difficiles », confie-t-elle. « On rentre des Jeux olympiques en se disant : “Je n'ai plus de raison d'être.” »

Même si l'équipe américaine n'a pas obtenu le résultat escompté, Tara Peterson affirme que son travail l'a aidée à aller de l'avant.

Elle se souvient d'un moment peu après son retour des Jeux : « Mon mari et moi avons pris l'avion pour Las Vegas le jour même de mon retour. Je me rappelle m'être allongée dans ma chambre d'hôtel, à pleurer. Ça m'a fait du bien de laisser libre cours à mes émotions. N'ayez pas peur de vous appuyer sur vos proches. »

Une expérience partagée et une solidarité féminine

La sœur et coéquipière de Tara, Tabitha Peterson, capitaine de l'équipe, a vécu une épreuve différente après son accouchement.

« On ne peut pas comprendre tant qu'on n'y est pas confronté », explique-t-elle. « Pendant les deux premiers mois après la naissance, même des petites choses me faisaient pleurer. Je ne savais pas que c'était normal. »

Le soutien de sa sœur a été déterminant. « C’est à Tara que je m’adresse quand j’ai des questions », a confié Tabitha, soulignant combien l’empathie et la compréhension entre coéquipières et en famille peuvent être vitales.

Un message commun

À travers leurs histoires, un message se dégage : la santé mentale est essentielle, et personne ne devrait y faire face seul.

De la sincérité de Gallant et du retour à l’équilibre de Homan, à l’importance accordée au travail d’équipe par Hamilton, en passant par la pleine conscience d’Eunji et l’honnêteté des sœurs Peterson, ces athlètes nous rappellent que la résilience n’est pas l’absence de difficultés, mais la force de persévérer, pour soi-même et pour les autres.